Phénomènes Spatiaux, le Livre

Publié le par Telgar

Où plutôt les livres.

René Fouéré a été un des grands acteurs de l'Ufologie Française dés le début des années 60, où il fut membre fondateur du Groupement d'Etudes de Phénomènes aériens et insolites (GEPA), Association Loi 1901 dont les statuts sont parus au Journal Officiel en Juillet 1962.  Le Président du GEPA entre 1964 et 1970 fut le Général D'armée aérienne Lionel Max Chassin (1902-1970), alias Guy Severac.

 

Les statuts sont

- La recherche de phénomènes spatiaux insolites, l'étude et l'identification des dits phénomènes.

- La constitution d'une documentation concernant les phénomènes spatiaux insolites et éventuellement à la publication des études faites sur ces sujets.

- Et généralement toutes formes d'activités de nature à réaliser les buts de l'association.

 

Le GEPA entreprit la diffusion d'un Bulletin, 'Le Bulletin du GEPA' entre 1963 et 1964, qui devint une revue 'Phénomènes Spatiaux', entre 1965 et 1967. René Fouéré en était Directeur de la Publication. 

 

Ce groupe comportait des personnes de tous horizons, avec la participation d'experts et de professionnels préférant conserver l'anonymat compte-tenu de l'ambiance régnant autour de ces phénomènes. 

A cette époque, déclarer être interessé à ces phénomènes pouvait nuire à votre vie professionnelle.

 

C'est malheureusement toujours assez vrai actuellement, dans la mesure où l'étude des OVNIs / UFOs a été beaucoup décridibilisée, souvent par les acteurs même des ces études, au travers de livres ou documentaires peu convaincants d'un point de vue scientifique, mais très efficicaces sur le plan lucratif.

 

Ce GEPA a toujours approché le phénomène OVNI sous l'angle scientifique. Ce qui ne veut pas signifier une approche d'emblée éliminant les explications les plus osées, mais plûtot privilégiant la collecte des faits et des preuves avant de tenter une approche analytique.

 

Le site RR0 cite un discours du Gal Chassin qui reflète tout à fait cette approche

Devant les phénomènes extraordinaires que, presque chaque jour, un univers inconnu offre à notre étonnement, 3 positions intellectuelles sont possibles :

  1. la crédulité du primitif, qui accepte avec une foi simple les récits les plus merveilleux, admet très aisément le "surnaturel", ne critique pas les témoignages et, en conséquence, se trouve souvent le jouet des charlatans et des escrocs.
  2. le crédulité de l'esprit fort qui, possédé par la croyance qu'il sait tout, enrage d'être confronté à des phénomènes qui ne cèdent pas à ses convictions. Ne trouvant pas dans son arsenal limité d'explication qui le satisfasse, il choisit de douter des autres plutôt que de lui-même et de récuser les faits les plus indiscutables pour éviter de mettre sa foi en question. Orgueil mal placé et anthropocentrisme périmé depuis Copernic et Galilée font finalement de lui un danger pour la science, l'histoire le monde abondamment.
  3. celle du véritable esprit scientifique, qui s'en tient aux faits pour les observer, les rassembler, les trier, les critiquer, les coordonner. C'est l'attitude de la modestie et de la soumission au réel. C'est celle d'Aimé Michel, dans le livre passionnant qu'il consacre à la toujours brûlante question des Mystérieux Objets Célestes, livre qui, j'en suis certain, va complètement renouveler le sujet.

Malgré le peu d'intérêt - pour ne pas dire l'hostilité - qu'à peu près partout dans le monde les organismes officiels ont jusqu'ici témoigné aux pionniers de cette recherche, le public a montré plus de prudence. L'homme de la rue a souvent plus de flair que certains savants, et il croyait déjà aux aéroplanes alors même qu'un professeur en Sorbonne démontrait l'impossibilité du plus lourd que l'air. Que des phénomène étranges aient été observés, voilà qui ne fait plus de doute pour personne, et les explications dites "psychologiques" semblent bien avoir fait long feu. Le nombre de gens pondérés, intelligents, cultivés, en pleine possession de leur esprit, qui ont vu "quelque chose" et l'ont décrit, augmente de jour en jour. Des astronomes, des officiers, des ingénieurs, qui se gaussaient des fameuses "Soucoupes" ont dû, comme saint Thomas, venir à résipiscence en ouvrant les yeux. Récuser froidement leur témoignage devient de plus en plus téméraire.

Qu'est-ce d'ailleurs qu'un témoignage ? Si un gendarme vient déclarer, à la barre d'une cour d'assises, "qu'il a vu un homme, muni d'un révolver, traverser la route en poursuivant un autre homme, et disparaître avec lui dans un bois", il ne viendra pas à l'esprit des jurés de discuter ce témoignage. Et si 3 autres gendarmes confirment le fait, et que le châtiment d'un assassin en découle, soyons assurés qu'une tête tombera. Mais que ces 4 gendarmes écrivent un jour, dans un rapport, "qu'ils ont vu un objet en forme de cigare s'approcher rapidement en venant du Nord, stationner pendant plusieurs secondes au-dessus d'un village, puis repartir vers l'Est à une vitesse fulgurante en changeant de couleur", et l'on verra bien des hommes "sérieux" mettre en doute leur intelligence ou leur sobriété. On parlera d'"hallucination", de "ballon-sonde", d'"hélicoptère", de "phénomène lumineux". Ces mêmes esprits sérieux penseraient-ils à absoudre l'assassin si, pour expliquer le 1er témoignage, l'avocat affirmait que les gendarmes n'ont pas su reconnaître 2 chiens en train de folâtrer ?

Que dans la masse des témoignages recueillis, dans des conditions souvent difficiles, il y ait des observations de météorites, de ballons-sondes, et même des récits de fumistes et de demi-fous, voilà qui n'est pas discutables, et c'est justement ce qui impose le tri rigoureux dont nous parlions plus haut. Mais ce tri fait, il reste incontestablement - et tous les rapports américains le confirment - un certain pourcentage d'observations qui résistent à toutes les explications conventionnelles.

On peut donc affirmer qu'il apparaît vraiment, dans le ciel qui nous entoure, de mystérieux objets.

(...) L'affaire est trop grave pour l'humanité ! Le temps des chercheurs privés dépourvus de moyens comme Aimé Michel est passé. C'est aux gouvernements d'entrer en jeu, ne serait-ce que pour échapper à la menace d'une tragédie mondiale comme celle dont l'affaire de la plainte soviétique au Conseil de Sécurité a révélé la possibilité [L'auteur fait allusion à une plainte déposée par les russes, en 1958, contre une alerte atomique déclenchée par les réseaux radar américains. Ceux-ci avaient pris un objet non identifié pour un missile russe]. Car si l'on persiste à ne pas reconnaître l'existence de ces "objets non identifiés", on finira par les prendre pour les projectiles d'un agresseur. Et alors, le pire peut arriver.

Une dernière question se pose alors : quelle est l'intelligence qui guide les mystérieux objets ? Et accessoirement, de quels moyens dispose-t-elle ? Questions majeures auxquelles il est pour l'instant impossible de donner une réponse. Nous devons donc nous contenter d'hypothèses.

Intelligence humaine ? Peut-être. Les temps récents n'ont-ils pas montré que certains pays sont capables de faire, en un temps record, des progrès scientifiques énormes et d'en garder le secret absolu ? Hypothèse vexante pour l'Occident, dont nous connaissons les limites ! Mais, tout de même, explication peu probable, car les "objets" semblent bien utiliser des sources d'énergie que l'homme, quel qu'il soit, est encore loin de savoir capter.

Intelligence extra-humaine ? Pourquoi pas ? Le temps est loin où Ptolémée plaçait la Terre au centre d'un système solaire dont il faisait tout l'univers. Eddington n'affirmerait plus aujourd'hui sans doute que notre race est la race suprême et que l'intelligence humaine est la reine de l'univers. Nous sommes revenus à plus de modestie, et nous admettons fort bien qu'il puisse y avoir - et peut-être bien pas si loin de nous - des êtres dont le degré de civilisation dépasse largement le nôtre. Ne nions pas a priori. Gardons une attitude de prudence. Travaillons et réservons notre jugement.

(...) Pourtant, "le vent de tempête qui souffle aujourd'hui sur la physique" ne doit-il pas figer sur les lèvres des "hommes raisonnables" bien des rires jusqu'ici méprisants ? Les recherches sur la gravitation que l'on mène en ce moment partout dans le monde n'ont-elles pas l'espoir d'aboutir un jour ? Et le but où nous tendons, qui nous dit que d'autres ne l'ont pas déjà atteint ?

Le destin des précurseurs est de souffrir pour la vérité, mais un jour arrive où on leur rend justice. Aimé Michel a choisi la voie difficile d'une recherche provisoirement discréditée. Puisse son effort n'être pas vain ! Il est capital d'y voir clair. Il est capital de comprendre enfin des phénomènes qui conditionnent peut-être notre avenir (...)

Ce discours est extrait du livre d'Aimé Michel, A propos des soucoupes volantes - Mystérieux Objets Célestes.

 

Les travaux du  GEPA ont ensuite  débouché sur la création du GEPAN (ce qui était un des objectifs de l'association) et le GEPA fut dissous.

 

Récemment Françine Fouéré, épouse de René Fouéré, a édité au 'Courrier du Livre' une compilation exceptionnel de la totalité des numéros du Bulletin de la Revue, sous la form d'un coffret de belle présentation, et très conséquent dans son contenu; c'est une somme historique de témoignages, d'articles, avec toujours une approche rationnelle et scientifique du Phénomène. Un Must pour les amateurs du genre.

 

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